Petite histoire des aiguilles à coudre

Publié le : 02/05/2015 16:56:41
Catégories : Mercerie de collection Rss feed

 

Jusque dans les années 1880, la fabrication industrielle des aiguilles se situait en Allemagne, dans la région d’Aix-la-Chapelle, et surtout en Angleterre, à Redditch. Cette ville située au sud-ouest de Birmingham fut un temps considérée comme la capitale mondiale de cette spécialité. Dans les années 1870, sa production était estimée à environ 3,5 milliards d’unités.

 

Carnets d'aiguilles anciennes


La grande majorité des aiguilles vendues en France fut longtemps issue de Grande-Bretagne, ce que l’observation des emballages confirme. Certains d’entre eux sont ceux d’origine, d’autres spécifient qu’il s’agit d’aiguilles anglaises, mais elles furent conditionnées en France.

Carnets d'aiguilles anglaises

Ces paquets d’aiguilles anciens ont été achetés sur le sol anglais.
Parmi eux, deux marques vedettes : Kirby Beard, qui fut aussi largement distribuée
en France, et Flora Macdonald, dont la renommée, pourtant très grande outre-Manche,
n’a pas dépassé les frontières de son pays.

 

Souhaitant contrer la domination anglaise, Benjamin Bohin, qui, jusque-là, possédait une petite affaire de bibelots à Saint-Sulpice- sur-Risle, en Normandie, prend, en 1868, l’initiative de regrouper plusieurs petits ateliers. En 1889, lors de l’Exposition universelle, sa firme, Bohin Fils, est la seule représentante française parmi les fabricants d’aiguilles à coudre...

 

Tableau des fabrications Bohin

 

Les publicités éditées par la maison ne se privent pas de clamer haut et fort qu’il s’agit bien d’aiguilles françaises, fabriquées en France, tout en s’insurgeant contre les pratiques de certains qui, sous des noms français, vendent en réalité une production « étrangère ».

 

Echantillons de la production d'aiguilles Bohin

 

Outre la firme Bohin, il existait aussi, dans les années 1880, de petits fabricants dans la région de L’ Aigle, dans l’Orne. Cependant, la production anglaise avait une telle réputation de qualité que nombre d’entre eux vendaient leurs produits sous des noms anglo-saxons. Il fallut une bonne vingtaine d’années avant qu’ils n’osent proposer des marques à consonance française !

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